« Les gens ont piscine à 17h » La jeune femme sourit, mais la colère est perceptible. « Les gens ne sont pas très solidaires, surtout à Toulouse, ajoute-t-elle, tasse de café à la main. Les associations sont trop frileuses. Je tape un peu dessus, mais quand elles remettent des gens à la rue après les avoir aidés, on ne va quand même pas leur dire bravo ». Soupirs. « Comment peut-on rentrer chez soi et se coucher quand d’autres dorment dans la rue ? »

La trêve hivernale a démarré le 2 novembre. Personne ne peut être expulsé d’un logement jusque fin mars, et le dispositif d’accueil et d’hébergement est renforcé. Mais, pour Isabelle B., c’est insuffisant. « Il y a 48 places d’hébergement supplémentaires, soit 2000 places en Haute-Garonne… Mais on compte 6000 sans-abri. Il y a un problème, lance-t-elle. Quand des SDF meurent dans la rue (22 à Toulouse en 2009) alors qu’il y a des logements vides, je me demande comment on peut en arriver là ». Et d’ajouter : « Il ne devrait pas y avoir de trêve, c’est toute l’année que les gens galèrent. »
D’une générosité sans borne, la jeune femme de 35 ans se remémore son enfance. « Je n’ai pas été malheureuse, même si je vivais dans un taudis, à Paris. » Ses yeux pétillent quand elle se souvient des personnes qui ont forgé sa vie. D’abord, sa grand-mère. Couturière à domicile, elle a connu la « vie dure ». Ce qui ne l’a pas empêché de cacher un jeune juif pendant la Seconde guerre mondiale. « Je lui dois beaucoup. Elle m’a transmise ses valeurs, sa bonté. »

Isabelle, qui a vécu « la galère » enfant, désirait aider à son tour. Après une formation d’éducatrice spécialisée, elle travaille au Samu Social. Sa mission : aller à la rencontre des gens de la rue. Au contact de ces âmes en détresse, son engagement grandit. Elle devient bénévole aux Restos du Cœur, à Paris. Mais son besoin d’aider les autres ne s’en trouve pas comblé pour autant. « Quand j’ai vu Augustin Legrand (fondateur de l’association Les Enfants de Don Quichotte, ndlr), j’ai trouvé que ce qu’il faisait était génial. Son appel m’a parlé. Autant que celui de Coluche autrefois », se souvient-elle. Lire la suite »

Publicités
En juin dernier, s’éteignait Michael Jackson. La mort du « King of Pop » est survenue à la veille d’une tournée qui devait signer le « come back » de l’artiste, son – ultime – retour sur le devant de la scène. Pour enfin faire taire les rumeurs, faire oublier les scandales et les commérages. Les larmes des fans se sont mêlées aux regrets. Car la dernière danse du chanteur promettait un spectacle inoubliable.

Puis, durant l’été, la rumeur a couru. Celle d’un film en préparation. Les images d’un Michael Jackson souriant, en forme, dansant et chantant quelques jours avant sa mort, n’ont pas tardé à être dévoilées. A la curiosité de certains fans s’opposait la crainte d’un coup marketing, d’une « pompe à fric ». Reste que les « places réservées » pour l’avant-première mondiale se sont arrachées comme des petits pains. Et qu’en France, depuis sa sortie officielle, le 28 octobre, le film a enregistré pas moins de 700 000 entrées. Un franc succès, donc. Qu’en est-il du film lui-même ? Lire la suite »

L’Affaire Salengro

Publié: avril 11, 2009 dans Uncategorized
J’ai eu la chance d’assister à la projection presse du téléfilm « événement » l’Affaire Salengro, qui sera diffusé le 14 avril sur France 2. Un petit commentaire.

Juin 1936. Le Front Populaire de Léon Blum fait face à des grèves très dures qui se multiplient dans toute la France et paralysent l’économie du pays. Un homme va réussir à remettre la France au travail, seul et sans employer la force : Roger Salengro, ministre de l’Intérieur de Léon Blum et principal artisan des accords de Matignon. L’homme des congés payés, de la semaine de quarante heures et des salaires minimaux pour les travailleurs. Le patronat et la droite ne pardonneront jamais à Salengro ces acquis sociaux. Ils montent contre lui une campagne de calomnies d’une extrême violence en l’accusant d’avoir déserté pendant la guerre de 14. C’est un mensonge avéré. Mais le nom de Salengro en restera sali. Il se suicidera en novembre 36.

L’Affaire Salengro est un formidable travail, à la fois de cinéaste, mais aussi de journaliste. Oui, c’est quasiment du travail de journaliste qu’à fait Yves Boisset. Comme dans ses précédents téléfilms historiques (l’Affaire Dreyfus, Ben Barka), il retrace scrupuleusement les faits, jouant aussi sur la corde sensible pour toucher le spectateur, et se fait avocat d’une cause : celle de la démocratie face au fascisme, de la liberté et de la vérité face à la calomnie. Dans ce film, Bernard-Pierre Donnadieu ne « joue » pas Salengro, il « est » l’homme politique. Lire la suite »

l’Auberge des Migrants

Publié: février 25, 2009 dans Uncategorized

Un article que j’ai écris sur une association à Calais.. Si vous habitez là bas, n’hésitez pas à l’aider !

A Calais, nourrir les migrants avant tout

« On ne pouvait les laisser dans cette situation. Il fallait faire en sorte qu’ils ne souffrent pas de la faim ». Christian Salomé, président de l’Auberge des Migrants, résume deux mois passés à distribuer de la nourriture aux exilés se pressant dans le Calaisis. Lancée en décembre, son association voulait combler le vide laissé par la « grève » du collectif C’Sur, qui compte dans ses rangs la Belle Etoile et le Secours Catholique. Quand ces derniers, débordés, ont cessé fin novembre de distribuer des repas le midi, une poignée de bénévoles s’est regroupée.

« C’était une question d’urgence », lance Christian Salomé. A 59 ans, ce technicien d’Eurotunnel à la retraite s’est rapproché de Salam (qui nourrit les migrants le soir) pour préparer à ses côtés des repas froids. « Nous voulions distribuer un complément repas le soir, pour que les migrants aient de quoi manger le lendemain midi ». Très vite, le besoin de se structurer s’est fait sentir : l’Auberge des Migrants était née.

Le long du quai Devos, à Calais, une dizaine de bénévoles (retraités, salariés, femmes au foyer) a donné à manger à quelque 500 étrangers sur la route de l’exil. En deux mois, 25 000 sachets repas ont été distribués. Depuis le 9 février, avec la « reprise » de la Belle Etoile, l’Auberge des Migrants ne distribue plus que le vendredi et le samedi soir. « Nous continuons aussi à donner des couvertures, des vêtements, et à aider Salam le soir ». Lire la suite »

L’Étrange histoire de Benjamin Button

Réalisé par David Fincher
2009

Synopsis

Abandonné à sa naissance en 1918 parce qu’il ressemble à un horrible vieillard, Benjamin Button est recueilli par la propriétaire d’un hospice de la Nouvelle-Orléans. Celle-ci l’élève et constate, au fil des ans, qu’il rajeunit…


Quand David Fincher, réalisateur fascinant et mystérieux, vache sacrée du cinéma américain, auteur d’oeuvres cultes comme Seven, The Game, Panic Room ou Zodiac, retrouve Brad Pitt, acteur prolifique qu’il avait déjà dirigé dans le mythique Fight Club, on s’attend de droit à un film prometteur.

Mais on se rend alors compte qu’on était loin du compte, car l’Etrange Histoire de Benjamin Button (adaptation efficace et enrichie d’une nouvelle de F. Scott Fitzgerald datant de 1921) est une œuvre pour le moins surprenante. Moins percutante, plus sobre, l’histoire est à mille lieues de ce que le réalisateur nous concocte d’habitude. Mais cela n’affecte en rien la qualité du film. On sent que Fincher a atteint la maturité. Ici, il raconte l’histoire extraordinaire d’un homme qui rajeunit, pour qui la vie est à l’envers, et qui rencontre l’amour de sa vie – un amour qui dépassera les apparences, la fatalité et la mort.

Se débarrassant de tout artifice, Fincher adopte une mise en scène discrète, des effets spéciaux et une photographie hachurée savamment placés, aux bons endroits. La musique d’Alexandre Desplat (La jeune fille à la perle), mélodique sans être larmoyante, se conjugue aux morceaux de jazz, aux airs classiques, au rock’n roll et aux tubes des 70’s d’une façon presque alchimique. Lire la suite »

Revolutionary Road

Publié: février 4, 2009 dans Uncategorized

Revolutionary Road

Réalisé par Sam Mendes

2009

Synopsis

Dans les années 50, Frank et April se considèrent comme des êtres à part, différents des autres. Quand ils emménagent dans leur nouvelle maison sur Revolutionary Road, ils proclament fièrement leur indépendance. Jamais ils ne se conformeront à l’inertie banlieusarde qui les entoure, jamais ils ne se feront piéger par les conventions sociales. Pourtant, malgré leur charme et leur insolence, les Wheeler deviennent exactement ce qu’ils ne voulaient pas : un homme coincé dans un emploi sans intérêt ; une ménagère qui rêve d’une existence trépidante. Une famille ordinaire ayant perdu ses rêves et ses illusions. Décidée à changer de vie, April imagine un plan audacieux pour tout recommencer…

En adaptant le roman éponyme de Richard Yates, Sam Mendes reprend ici le thème qu’il avait déjà abordé dans American Beauty, à savoir les rêves et aspirations que nous avons tous et que nous finissons par abandonner pour une vie « rangée » et confortable.
Que dit Lester Burnham, dans American Beauty ? Qu’il vient de se « réveiller ». Il se demande comment lui et sa femme ont pu en arriver « là » ; une famille rangée, chacun son boulot, deux époux ne se parlant finalement presque plus, métro boulot dodo. Une jolie petite maison, dans un quartier convenable, une réputation sauve auprès des voisins… On peut donc voir dans ce film une critique du modèle, qui n’est pas qu’américain, qui n’est même pas propre aux années 50, mais qui est le modèle de la société depuis que l’homme s’est sédentarisé : une maison, une famille, un travail.

Dans Revolutionary Road (traduit en VF par « les Noces Rebelles », erk), Sam Mendes reprend le même thème, et le développe encore plus pour qu’on comprenne mieux ce que voulait dire Lester à la fin d’American Beauty. « Il y a tant de beauté dans ce monde ». Mais nous restons sagement cloitrés chez nous, avec nos petites vies confortables.. Et au final, nous sommes quasiment tous frustrés par nos vies, car nous ne réalisons pas nos rêves. Nous ne partons pas voir le Monde, nous faisons du surplace.
Ici, Mendes nous amène même à nous demander ce qu’est la folie, en fin de compte, et je pense ici à Veronika décide de Mourir de Paulo Coelho, aussi : est fou celui qui ne se conduit pas comme la société voudrait qu’il se conduise… Est ce que vouloir partir, est ce que « vivre intensément », comme le dit April Wheeler, c’est être fou ? Pour la majorité, qui n’ose pas s’affranchir des barrières, oui. Lire la suite »

Planet Terror

Publié: février 3, 2009 dans Uncategorized

Planète Terreur

Réalisé par Robert Rodriguez
2007

Synopsis:

Dans une petite ville du Texas, un couple de médecins constate que leurs patients sont affectés par la gangrène et un regard vide et inquiétant… Si des millions d’individus sont contaminés, une poignée d’entre eux se battra jusqu’au bout…

Après un très bon « slasher-movie » (Boulevard de la Mort) signé Quentin Tarantino, le dyptique Grindhouse continue avec Planète Terreur. Cette fois, c’est un Robert Rodriguez en grande forme qui nous plonge dans un univers « vintage », très second degré, où le sang coule, où une gogo-danseuse a une mitrailleuse à la place de la jambe, où les personnages secondaires sont aussi tordus que possible. Références aux films pop corn diffusés dans les anciens cinémas de quartier et drive in obligent, l’image est granuleuse, la bobine saute et le scenario est totalement rocambolesque. Lire la suite »