Microsoft et la police de New York sur le chemin de « précrime »

Publié: août 11, 2012 dans Uncategorized

La police de New York et la firme de Redmond ont développé un système de «prévention du crime» et de contre-terrorisme. Objectif : surveiller les rues tout en accédant à des données sur d’éventuels criminels. De quoi révolter les défenseurs de la vie privée.

Microsoft et la police de New York (NYPD), ensemble contre le crime et le terrorisme. Le «Domain Awareness System» (DAS), lancé mercredi et développé conjointement, «devrait permettre aux policiers d’accéder plus vite à une information pertinente», explique Michael Bloomberg, maire de New York. Objectif de cet investissement de 40 millions de dollars: «empêcher les crimes de se produire».

Le DAS, présenté avant tout comme un outil de contre-terrorisme, «agrège et analyse les données de sécurité publique en temps réel». Il exploite les caméras de surveillance de la ville et les appels au 911 (le numéro d’urgence américain). Il utilise une centaine de lecteurs de plaques d’immatriculation et s’appuie sur 600 «détecteurs de radiations» radioactives. Des cartographies criminelles sont aussi analysées, afin de révéler le «mode opératoire» d’un suspect.

Grâce à ce système, les enquêteurs ont un accès instantané aux images des caméras de surveillance et peuvent quadriller une zone après avoir reçu un appel passé au 911. Ils peuvent observer en direct les images d’un suspect dans la rue, accéder à son casier judiciaire et à un historique des infractions commises dans le secteur. En outre, les enquêteurs peuvent retracer les trajets du véhicule du suspect durant les mois précédents.

Menaces pour la vie privée

Ce système de surveillance n’est pas sans poser de questions sur le respect de la vie privée. «Le DAS sera utilisé pour une application légitime de la loi ou des raisons de sécurité publique», affirme le NYPD. D’après la police de New York, aucune technologie de reconnaissance faciale n’est utilisée. Le NYPD affirme avoir institué des «lignes directrices» sur la protection de la vie privée, qui empêcheraient les policiers d’exploiter autre chose que des images prises dans des lieux publics. Selon ces «lignes directrices», la surveillance des rues se fera 24 heures sur 24, les vidéos seront conservées 30 jours, et les plaques d’immatriculation enregistrées pendant cinq ans.

«Comment pourra-t-on s’assurer que des policiers ne feront pas un usage immodéré du système, et ne surveilleront pas la population sans justification, par routine?» s’interroge Peter Eckersley, de l’Electronic Frontier Foundation(EFF), une ONG qui défend la liberté d’expression sur Internet. «Que la police décrive les images des caméras de surveillance et les lecteurs de plaques d’immatriculation comme des ‘données de sécurité publique’, c’est scandaleux. Si vous conduisez une voiture, l’historique des endroits où vous êtes allé fournit de nombreuses informations sur vous. Toutes ces informations sont susceptibles d’être utilisées un jour sans le moindre accord, ou en dehors de toute surveillance judiciaire», affirme Peter Eckersley à l’agence américaine IDG News Service. Pas de réponse du NYPD pour l’instant.

Pour l’heure, le «Domain Awareness System» est relié à quelque 3000 caméras de surveillance disposées à Manhattan. Le système devrait à terme s’étendre à la totalité des caméras new-yorkaises. Il sera proposé à la vente par Microsoft aux autres villes des États-Unis, puis du monde. La police de New York recevra 30% des rentrées découlant de la vente du système. Les 70% restants seront perçus par Microsoft, qui se targue d’être l’un des «plus importants fournisseurs au monde de solutions de sécurité intelligentes» destinées aux forces de police.

En Europe, le développement d’une technologie de contre-terrorisme similaire est prévu pour 2014. Le projet INDECT, rappelle Numerama, prévoit ainsi une surveillance généralisée et intelligente en milieu urbain, via l’utilisation de caméras de surveillance, la géolocalisation des téléphones portables et la détection de «données biométriques». Ce projet de recherche, fondé par l’Union européenne, est mené depuis 2009 par plusieurs universités à travers l’Europe. Le but d’INDECT est de détecter les menaces criminelles «de façon automatisée».

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