[Article paru sur le site du Figaro, le 20 août 2012]

Tout cela peut vous paraître fastidieux, lourd, long, difficile et inutile. Détrompez-vous. Et combien même vous aurez suivi à la lettre ces recommandations, n’oubliez-pas que les mots de passe doivent être complexes et changés régulièrement, et que tout dépend aussi de votre façon d’agir sur le Web.

Pour évaluer si oui ou non votre mot de passe est difficile à hacker, rendez-vous sur PasswordMeter.

Fabien.

Début août, Mat Honan, journaliste américain, s’est fait pirater. Il a perdu le contrôle de ses comptes et a vu toutes les données de son ordinateur supprimées. Pour vous éviter de vivre ce cauchemar, voici dix conseils qui font consensus et qui vous permettront de sécuriser votre «vie numérique».

Utilisez des mots de passe complexes

«Incroyable, mais beaucoup de gens utilisent encore des mots de passe comme “123456”», assure Pierre-Eric Jacoupy, de Microsoft France. Plus votre mot de passe sera complexe et long (12 caractères au minimum), plus il sera difficile à un hackeur de le «craquer». Utilisez des caractères spéciaux, des majuscules, des minuscules et des chiffres.

Changez de mots de passe régulièrement, tous les trois mois. Evitez de les noter quelque part et privilégiez les moyens mnémotechniques. Si vous avez peur de les oublier, reste la solution du «coffre-fort de mots de passe», comme KeePass (ou KeepassX pour Mac et Linux). Le logiciel Dashlanegénérera pour vous des mots de passe compliqués et uniques, qu’il conservera et se chargera de saisir automatiquement dans les formulaires lors de vos navigations sur le Web.

Ne mettez pas tous les œufs dans le même panier

Si, par facilité, vous utilisez le même mot de passe pour chacun de vos comptes, et a fortiori le même e-mail, vous courez le risque de perdre un jour toutes vos données, comme Mat Honan. Utilisez des mots de passe (et des adresses e-mails) différents selon le service que vous utilisez. Si le hackeur parvient à «casser» votre mot de passe, il ne pourra aller plus loin. Ne liez pas non plus vos comptes entre eux.

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La police de New York et la firme de Redmond ont développé un système de «prévention du crime» et de contre-terrorisme. Objectif : surveiller les rues tout en accédant à des données sur d’éventuels criminels. De quoi révolter les défenseurs de la vie privée.

Microsoft et la police de New York (NYPD), ensemble contre le crime et le terrorisme. Le «Domain Awareness System» (DAS), lancé mercredi et développé conjointement, «devrait permettre aux policiers d’accéder plus vite à une information pertinente», explique Michael Bloomberg, maire de New York. Objectif de cet investissement de 40 millions de dollars: «empêcher les crimes de se produire».

Le DAS, présenté avant tout comme un outil de contre-terrorisme, «agrège et analyse les données de sécurité publique en temps réel». Il exploite les caméras de surveillance de la ville et les appels au 911 (le numéro d’urgence américain). Il utilise une centaine de lecteurs de plaques d’immatriculation et s’appuie sur 600 «détecteurs de radiations» radioactives. Des cartographies criminelles sont aussi analysées, afin de révéler le «mode opératoire» d’un suspect.

Grâce à ce système, les enquêteurs ont un accès instantané aux images des caméras de surveillance et peuvent quadriller une zone après avoir reçu un appel passé au 911. Ils peuvent observer en direct les images d’un suspect dans la rue, accéder à son casier judiciaire et à un historique des infractions commises dans le secteur. En outre, les enquêteurs peuvent retracer les trajets du véhicule du suspect durant les mois précédents.

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Mon premier contrôle d’identité

Publié: novembre 24, 2011 dans Uncategorized

Contre les contrôles d’identité abusifs menés par la police, le collectif “Contre le contrôle au faciès” lance une “opération SMS”, épaulée par des avocats, pour “lutter contre une dérive discriminatoire” qui aurait tendance à se banaliser.

“Je me souviens de mon premier contrôle d’identité. J’avais 13 ans, je jouais au foot avec mes copains, et soudain je me suis retrouvé la tête plaquée contre un mur… Visiblement, tout le monde à vécu ça.”

Casquette rouge sur le crâne, mais sourire imperturbable, Axiom, rappeur, lance avec ses amis du collectif “Contre le contrôle au faciès”, un cri d’alarme. “Parce que tu n’as pas la couleur ou le look qu’il faut, on te contrôle. Ce n’est pas un cliché, c’est la réalité.” Avec d’autres stars du rap, comme Soprano, Oxmo Puccino et Mac Tyer, l’artiste Lillois de 36 ans raconte, en cinq minutes, le “premier ou pire contrôle d’identité qu’il a eu a subir” dans Mon premier contrôle d’identité, une web série diffusée sur le site du collectif.

Ladji Real, le réalisateur, explique : “Tous les lundi et jeudi, à 18h, un nouvel épisode sera diffusé.” L’objectif étant ensuite “d’interroger des comédiens, sportifs ou célébrités, mais aussi la société civile, pour lancer un grand débat sur le contrôle au faciès.” Comme la plupart des rappeurs interviewés dans sa série, Ladji a “connu les controles dès le berceau”.

“Quand le contrôle n’est pas justifié, c’est toujours vécu comme une humiliation, ça provoque de la souffrance, le sentiment de pas être égal à autres personnes en raison de vos origines.”

Car ce que dénonce le collectif, c’est bien le caractère “discriminatoire”, voire “raciste”, de certains contrôles. Selon une étude du CNRS menée en 2010, les controles policiers “visent onze fois plus les jeunes, six fois plus les Noirs et huit fois plus les Arabes”, indique Gilles Sokoudjou, président de l’association Les Indivisibles, qui fait partie du collectif.

Dans son récit, Axiom raconte, avec une certaine dose d’humour, un contrôle vécu un soir où “il rentrait de Paris, avec sa BM, sa casquette sur la tête et sa copine.” “Quand on vous contrôle plusieurs fois par semaine, parfois même plusieurs fois par jour, vous finissez par avoir des automatismes, vous acceptez. Quand les policiers m’ont fait signe de stopper, j’avais déjà mes papiers dans la main”, raconte Axiom.

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Un amas de cartons, de CD, de journaux, de chaises renversées jonche le sol, devant une façade noircie aux vitres éclatées. A l’intérieur, des murs calcinés, une odeur de plastique brûlé.« J’ai l’impression d’être sur un reportage, pas chez moi, mais manque de pot, c’est bien mon journal”, s’exclame Luz.

Dessinateur à Charlie Hebdo, le journaliste est l’auteur de la Une du jour, une caricature de Mahomet qui, le doigt levé, proclame : “100 coups de fouet si vous n’êtes pas morts de rire !” Ce matin, au réveil, Luz était loin de rire, en apprenant que les locaux parisiens de Charlie Hebdo avaient été dévastés par un incendie criminel. Deux individus auraient été aperçus en train de lancer un cocktail molotov sur la façade du journal, aux alentours de 1h du matin.

“C’est bien pire qu’il y a cinq ans, avant c’étaient les Ambassades qui brûlaient, pas les journaux”, lance Luz, en faisant référence à l’affaire des caricatures, quand le journal était attaqué en justice pour la publication de deux des caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten. Le procès avait abouti à la relaxe. « Cette fois, on voulait faire dans la dérision. Notre numéro n’était pas provocateur, c’était juste une façon de traiter l’actualité, ici la Charia.”

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SDF : maraude au pont des Catalans

Publié: février 2, 2011 dans Uncategorized

« C’est une horreur. Ils vivent dans une vraie décharge, au bord de l’eau. Si la Garonne monte, ils y passent. La mairie est au courant, mais ne fait rien. Ce sont des laissés pour compte ». Emmitouflée dans son écharpe rouge, Isabelle Bricaud, porte-parole des Enfants de Don Quichotte toulousains, ne cache pas sa colère.

Pont des catalans, mardi soir. Ils sont une vingtaine à être venus, bénévoles, anciens sans-abris, mais aussi élus, pour soutenir le campement installé sous le pont. Deux tentes (pour dix), des matelas à même le sol. Au beau milieu des détritus et des déchets balancés par des personnes peu écolos.
Mardi soir, le froid est de retour. -2 °C. « Ils sont 7, la plus jeune a 20 ans… On ne peut pas les laisser là. » Patricia, des Enfants de Don Quichotte, a collecté des pulls, et a apporté des duvets destinés aux sans-abris du pont des catalans. « Ce sont des gamins qui m’ont donné ces duvets. Ils s’en servent quand ils partent en colo. Heureusement, la solidarité existe encore ! »

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Trainée de poudres sur la France

Publié: février 5, 2010 dans Uncategorized

La consommation de cocaïne et d’héroïne continue de s’élargir. En 2005, 300 000 Français ont sniffé ces poudres blanches ou brunes. Et les chiffres augmentent. Mais gare à la psychose. L’usage de ces drogues illicites reste minoritaire.

« Le marché a été envahi. Les prix ont chuté. ». A la Brigade des Stupéfiants de Toulouse, le constat est sans appel. « Aujourd’hui, on peut s’acheter un gramme de coke ou d’héro pour 60 euros », explique Marc Durroux, chef d’enquête. En 1997, un gramme de cocaïne coutait 150 euros. Un gramme d’héroïne, 80 euros. « Depuis 5-6 ans, les pays producteurs de cocaine comme la Colombie ou la Bolivie se concentrent sur l’Europe. Du coup, l’offre est énorme ».

« L’usage de cocaine est de moins en moins rare dans la population, on peut s’en procurer facilement », note l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Car si la consommation de cannabis chute, les drogues dites « dures » sont désormais parmi les plus utilisées utilisées en France. En 2008, 25 000 jeunes âgés de 17 ans ont expérimenté de la « coke ». Un chiffre qui a triplé par rapport à 2001.

Les « Stups » de Toulouse constatent un « retour en force » de l’héroine après une chute de sa consommation dans les années 1990. Le nombre d’interpellations pour usage d’«héro » est en hausse.  Au niveau national, il a triplé entre 2003 et 2008, année où quelque 7830 personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre.

« L’héroine a toujours été là, tempère Guillaume Sudérie, qui gère le Centre d’Information sur les Drogues Midi-Pyrénées. Elle est simplement plus visible ». Lire la suite »

Petit reportage dans une salle de sports, dans le cadre d’un exercice :

Deux canapés noirs sur lesquels sont posés des coussins rouge vif. Ambiance cosy. Derrière le bar, qui fait aussi office d’accueil, deux brunes, vêtements chics. Difficile de deviner qu’il s’agit de l’entrée d’une salle de sports.

Mais une fois franchi le couloir du fond, bienvenue à Movida, le paradis des sportifs. A droite, quatre hommes courent sur des tapis roulants. En rythme. De façon quasi-militaire. Leur regard est rivé sur une télévision accrochée au mur, qui diffuse des clips musicaux.


Ici, c’est le domaine du cardio-training. La lumière est tamisée. Sur le parquet, une multitude de vélos elliptiques. L’atmosphère est « zen ». Aseptisée, même. Max, cheveux grisonnants, vient cinq fois par semaine. « Il manque quelque chose dans cette salle, ce n’est pas très convivial », glisse-t-il. « Ca fait un peu usine. Pour le moment – il est 14h – on est peu nombreux mais dans une heure, ça va rappliquer », ajoute en souriant ce retraité de 63 ans. « Pour l’ambiance, je préfère en bas ».

En bas, la lumière est vive, éclatante. Les cris résonnent, couvrant la radio qui diffuse les derniers tubes à la mode. Cette pièce souterraine aux murs rouges, c’est la salle de musculation. « Vas-y, pousse ! ». Carole, conseillère sportive, coache Sophie, blonde athlétique, nageuse de haut niveau. Aujourd’hui, elle effectue des séries de tractions à la barre fixe. Le ton est donné. Pas de place pour les sportifs du dimanche, seuls les gens « motivés » descendent ici. Lire la suite »